mercredi 22 novembre 2017

Samir Amin, A partir des documents du XIX è congrès du Parti Communiste Chinois, novembre 2017



SAMIR AMIN

Réflexions sur la voie chinoise au socialisme ; à partir des documents du 19 ième congrès du PCC, 2017.

1.
La révolution chinoise est une grande révolution parce qu’elle a inscrit ses objectifs premiers (libérer la Chine de la domination de l’impérialisme, de la féodalité et de la bourgeoisie compradore) dans la longue transition au communisme.
a)le communisme est un stade supérieur de la civilisation, fondé sur le principe de la solidarité (des individus et des nations) se substituant à celui de la compétition. La socialisation par la pratique de la démocratie succède à celle fondée sur la soumission aux mécanismes du marché. La libération des êtres humains de l’aliénation marchande et de leur soumission au pouvoir substitue la domination de l’instance culturelle nouvelle à celle de l’Etat et permet son dépérissement.
Le communisme est une « utopie  créatrice » : l’utopie d’aujourd’hui deviendra la réalité de demain.
b)le projet communiste est un projet universel. Il n’est pas celui de quelques peuples particuliers dont l’héritage culturel exceptionnel aurait préparé leur capacité à en imaginer la réalisation. Il est le projet de l’humanité entière.
Ce caractère universel ne signifie pas que le communisme fabriquera des individus tous semblables les uns aux autres, des nations qui ne se distingueraient plus les unes des autres. Au contraire le communisme est synonyme de la plus grande diversité, au bénéfice d’une créativité sans précédent dans l’histoire.
Dans ce sens chacune des étapes de la longue transition socialiste puis le communisme lui-même doivent être associés aux caractères propres à chaque peuple. Le socialisme sera toujours et partout aux couleurs de la Chine, de la Russie, de la France, de l’Egypte etc. Le rappel de cette volonté par le PCC (le socialisme avec des caractéristiques chinoises) doit être soutenu ; il est positif.

2.
Le parcours historique de la Chine est remarquable. La Chine a constitué la masse démographique la plus importante organisée en société dans un Etat en avance sur les autres. Elle se tenait au premier rang pour la diversité et la qualité de ses produits et l’efficacité dans leur production. Elle avait inventé quelques-uns des éléments fondamentaux pour une avancée dans la modernisation du monde : la laïcité, la gestion des services publics par la méritocratie. De ce fait elle constituait pour les Monarchies absolues européennes du 18 ième siècle le modèle à imiter (Ref, Etiemble).
Néanmoins ce modèle s’essoufflait depuis le 18 ième siècle et avec la révolution industrielle européenne du 19 ième  la Chine sombrera dans le statut de pays dominé. Son peuple s’est engagé très tôt dans une voie révolutionnaire nouvelle dont témoigne la Révolution des Taipings (ref), ancêtre du maoïsme. Les classes dirigeantes ont également tenté de résister à leur manière (Ref, les réformes de l’impératrice Tseu Hi, la révolution de 1911). Ce sont les canons de la flotte britannique et non pas la compétitivité supérieure de l’industrie anglaise qui ont ouvert la Chine à la domination impérialiste.
La Chine doit au marxisme et à sa sinisation par Mao l’heureuse issue de son combat et le triomphe de sa révolution.

L’ambition du peuple chinois, soutenu par son Etat depuis 1950 et jusqu’à ce jour, est de voir la Chine parvenir au rang de puissance indépendante, respectée, acteur actif dans le façonnement du monde, offrir à son peuple des conditions de vie honorables, rendues possibles par le progrès de la science moderne.
Cette ambition est légitime et doit être soutenue par tous les peuples de la Planète.

3.
Depuis 1950 la Chine s’est engagée sur la voie de la longue transition socialiste.
a)la voie choisie par le peuple et l’Etat chinois est évidemment singulière, en réponse au défi de la « construction du socialisme dans un seul pays ». Car la longue transition socialiste ne peut pas être autre chose que le produit d’avancées successives et inégales d’un pays à l’autre. Il n’en a jamais été autrement ni dans le passé historique, ni dans le présent et l’avenir visible. L’humanité n’a jamais progressé et n’avancera jamais à un rythme égal pour tous ; il n’y aura jamais de « révolution mondiale » dispensant ceux qui peuvent faire un pas en avant de le faire seuls (ref l’erreur des Trotskystes sur ce sujet).
b)la transition socialiste chinoise est passée par des étapes successives depuis 1950 jusqu’à ce jour.
La première étape s’est conclue par la victoire d’une révolution populaire et démocratique conduite par un parti authentiquement communiste dans son projet, une révolution qui a été capable d’engager la majorité de la force principale dans la société, la paysannerie, dans le long processus de transformation du pays. Pour cette raison Mao a dit de cette révolution qu’elle était « populaire et démocratique » et non pas « bourgeoise et démocratique » ; et cette distinction  conserve son caractère décisif pour le présent et l’avenir.
Les moments successifs ultérieurs pour les périodes maoistes et post maoistes ont été marqués par des avancées, et parfois des reculs, qu’il est nécessaire de savoir reconnaître. Il ne peut en être autrement dans le combat historique de longue durée engagée par la Chine depuis 1950.
Il revient au 19 ième Congrès et au Président Xi Jinping l’honneur d’avoir reconnu la continuité de cette histoire et d’avoir rompu avec les discours qu’on entend souvent selon lesquels la période maoiste aurait été tissée d’erreurs continues et fondamentales et que c’est la rupture consécutive à la mort de Mao qui serait seule à l’origine du succès de la Chine contemporaine.
c)à toutes les étapes de son développement la voie chinoise a été confrontée – et elle le demeure – à deux défis majeurs qui appellent des réponses efficaces et correctes pour chacun de ses moments successifs.
(i)le défi que constitue l’association de la paysannerie aux avancées possibles de la longue transition socialiste ;
(ii)le défi que constitue l’hostilité que le système capitaliste mondial en place manifeste à l’endroit de la progression de la Chine.
La Chine est parvenue à répondre généralement correctement à ces défis. Mao a su tirer les leçons de l’expérience soviétique malheureuse, enlisée et incapable de se réformer, condamnée de ce fait à une restauration pure et simple du capitalisme. Mao et ses successeurs ont été capables d’imaginer des stratégies nouvelles qui se sont avérées efficaces.
d)la Chine est désormais engagée dans un projet double qui vise d’une part à construire un système productif industriel complet, cohérent et autocentré, articulé à la rénovation de l’agriculture paysanne et, d’autre part, à chercher à tirer profit de son insertion dans la mondialisation capitaliste contemporaine. Ce projet est conflictuel par nature, même si probablement il constitue la seule alternative possible dans les conditions du monde contemporain. Certes il laisse la voie ouverte au renforcement de tendances capitalistes qui opèrent dans la société. Néanmoins si le pouvoir dirigeant du PC et de l’Etat en prend une mesure lucide, il devient possible de surmonter la contradiction en question. Mais pour cela il est nécessaire : a) que le pouvoir conserve et renforce sa capacité de contrôler l’insertion de la Chine dans la mondialisation impérialiste hostile (et en particulier qu’il refuse l’insertion de l’économie chinoise dans la mondialisation financière) ; et b)qu’il respecte et même favorise  les capacités de résistance des classes populaires aux ravages du capitalisme.
Sur ce plan ma lecture des documents du 19 ième Congrès me rassure. Il reste que seuls les développements à venir pourront prouver que les résolutions du Congrès seront réellement mises en œuvre.

jeudi 10 août 2017

Samir Amin ; Towards an Internationale of peoples (arabic)




حان الوقت لإعادة بناء أممية العمال والشعوب

سمير أمين


(1)
شهد النظام العالمي على مدى الثلاثين عامًا الماضية تمركزًا شديدًا للسلطة بكل أبعادها، محليًا ودوليًا، اقتصاديًا وعسكريًا، اجتماعيًا وثقافيًا.
فقد استطاعت بضعة آلاف من الشركات العملاقة، وبضع مئات من المؤسسات المالية التي كونت اتحادات احتكارية فيما بينها، أن تختزل نظم الإنتاج الوطنية والمعولمة إلى وضعية مقاولي الباطن. وبتلك الطريقة تمكنت الطغم المالية (الأوليغارشية) من انتزاع حصة أرباح متنامية من قوة العمل، ومن الشركات التي تحولت إلى إنتاج الريع حصرًا لصالح الاحتكارات والطغم الحاكمة.
فبعدما تمكنت هذه الطغم من تدجين الأحزاب اليمينية واليسارية الرئيسية والنقابات والمنظمات المسماة بالمجتمع المدني، أضحت تمارس سطوة سياسية مطلقة، إلى جانب إخضاع وسائل الإعلام لها من أجل بث التضليل الضروري لمنع تسييس الرأي العام. كما اضطلعت هذه الطغم بتقويض الممارسة المعهودة للتعددية الحزبية وأحلت محلها نظامًا أقرب للحزب الواحد الذي يتحكم فيه رأس المال.
وتتطابق هذه الرأسمالية المعاصرة الآن، والتي تعتبر نظامًا مغلقًا تمامًا، مع معايير "الشمولية" رغم الحرص على ألا تأخذ هذا المسمى. وإذا كانت هذه الشمولية لا تزال "ناعمة" فإنها على أتم الاستعداد دومًا للجوء إلى العنف المفرط بمجرد أن يشرع الضحايا في التمرد، أي الأغلبية من العمال والشعوب. وفي ضوء هذا التحليل يجب النظر إلى كل التغيرات المرتبطة بما يسمى "التحديث". فهذه بالضبط الحالة مع التحديات البيئية الكبيرة (خاصة التغير المناخي) التي تعجز الرأسمالية عن حلها (فقد كان اتفاق باريس في ديسمبر 2016 مجرد ستارة دخان)، وكذلك تحدي التقدم العلمي والابتكارات التكنولوجية (بما فيها الاتصال والمعلومات) التي يجري إخضاعها بصرامة لمقتضيات الربح المالي الذي يمكن أن تحققه للاحتكارات. أما تقديس التنافسية وحرية السوق اللتين تصورهما وسائل الإعلام الخاضعة كضمانات لحرية وفعالية المجتمع المدني، فهي مناقضة للواقع الذي تمزقه الصراعات الضارية بين أجنحة الطغم القائمة، والمتسببة في تأثيرات مدمرة على إمكانية الحكم الرشيد.

(2)
على المستوى العالمي، تقتفي الرأسمالية دائمًا نفس المنطق الإمبريالي الذي ارتبط بها منذ بدء عولمتها (كان استعمار القرن التاسع عشر صورة واضحة للعولمة). ولم تتملص "العولمة" المعاصرة من هذا المنطق: فهي لا تزيد عن كونها شكلاً جديدًا للعولمة الإمبريالية. ويجري استخدام مصطلح "العولمة" دون أي تعريف في أغلب الحالات، ليخفي حقيقة مهمة: فرض الاستراتيجيات النظامية التي وضعتها القوى الإمبريالية التاريخية (الولايات المتحدة الأمريكية، بلدان غرب ووسط أوربا، اليابان.. والتي أسميها "الثالوث") التي تواصل نهب موارد جنوب العالم والاستغلال المفرط لقوة عمله، في ارتباط مع تصدير العمليات ومقاولات الباطن. وتهدف هذه القوى إلى الحفاظ على "امتيازاتها التاريخية" وحرمان الأمم الأخرى من إمكانية تحرير نفسها من وضعية الأطراف الواقعة تحت السيطرة. ولقد كان تاريخ القرن الماضي في الحقيقة تاريخ ثورة شعوب أطراف النظام العالمي التي انخرطت في عمليات فك ارتباط اشتراكية، أو في صيغ مخففة للتحرر الوطني، وهي الصفحة التي قُلِبت حاليًا. أماعمليات إعادة الاستعمار الجارية حاليًا، ولا تملك أي شرعية، فمازالت هشة.
لهذا السبب أنشأت القوى الإمبريالية التاريخية نظامًا للسيطرة العسكرية الجماعية على الكوكب، تقوده الولايات المتحدة. كما أن عضوية حلف ناتو المرتبط ارتباطًا لا ينفصم ببناء أوربا الموحدة، وكذلك عسكرة اليابان، تعكسان متطلبات هذه الإمبريالية الجماعية الجديدة التي حلت محل الإمبرياليات القومية (في الولايات المتحدة، بريطانيا العظمى، اليابان، ألمانيا، فرنسا.. وقليل غيرها) التي عرفت في السابق صراعات مستمرة وعنيفة فيما بينها.
في ظل هذه الظروف يجب أن يصبح الهدف الرئيسي للنضال في مواجهة التحدي المضاد لتوسع الرأسمالية الإمبريالية، هو بناء جبهة أممية لعمال وشعوب العالم كله.

(3)
من الواضح جدًا في مواجهة ذلك التحدي الهائل عدم كفاية نضالات ضحايا النظام المذكور. فهناك جوانب ضعف مختلفة أصنفها في العناوين التالية:
1) التفكك البالغ في تلك النضالات، سواء على المستوى المحلي أم العالمي، والتي تتسم دائمًا بالتخصيص حيث تجري في أماكن معينة وحول موضوعات وقضايا خاصة (البيئة، حقوق النساء، الخدمات الاجتماعية، مطالب الجماعات المحلية،.. الخ). ولم تحقق الحملات النادرة التي شُنَّت على المستوى القومي أو حتى الدولي أي نجاح مهم في فرض أي تغييرات على السياسات التي تضطلع بها القوى الموجودة في السلطة. بل إن النظام استطاع استيعاب الكثير من تلك النضالات.
ومع ذلك، هناك تسارع هائل في عملية البلترة العامة. فقد بات جميع سكان البلدان المركزية تقريبًا خاضعين الآن لوضعية العمال الأجراء الذين يبيعون قوة عملهم. وخلقت عمليات التصنيع في أقاليم الجنوب العالمي عمالاً بروليتاريين وطبقات وسطى برواتب، بينما يتم إدماج الطبقات الفلاحية بالكامل في نظام السوق. ونجحت الاستراتيجيات السياسية التي يوظفها الأقوياء في تمزيق القوة البروليتارية الهائلة إلى أقسام تتصارع غالبًا فيما بينها. وهو التناقض الذي يجب التغلب عليه.
2) لقد تخلت شعوب الثالوث (الولايات المتحدة الأمريكية، غرب ووسط أوربا، اليابان) عن التضامن الأممي المناهض للإمبريالية، لتحل محله في أحسن الأحوال الحملات "الإنسانية" وبرامج "المعونات" التي يتحكم فيها رأس المال والاحتكارات. وهكذا فإن القوى السياسية الأوربية التي ورثت التقاليد اليسارية أصبحت تؤيد النسخة الإمبريالية للعولمة القائمة.
3) نالت أيديولوجية اليمين الجديد بعض التأييد وسط الشعب.
إذن في الشمال تم التخلي عن العنوان الرئيسي للنضال الطبقي ضد الرأسمالية، أو تم اختزاله إلى تعبير ناقص إلى حد كبير- لصالح ما يطلق عليه تعريف جديد لـ "ثقافة الشراكة" اليسارية أو الجماعاتية، التي تفصل بين الدفاع عن الحقوق الخاصة والنضال العام ضد الرأسمالية.
وفي بلدان معينة بالجنوب تراجع التقليد النضالي الذي ربط النضال ضد الإمبريالية بالنضال من أجل التقدم الاجتماعي، لصالح أوهام رجعية متخلفة يتم التعبير عنها بصيغ دينية أو أخلاقيات زائفة. بينما في بلدان أخرى بالجنوب أدى التسارع الناجح للنمو الاقتصادي خلال العقود الأخيرة إلى تغذية وهم إمكانية بناء رأسمالية قومية "متطورة" تستطيع فرض مشاركتها الفعالة في تشكيل العولمة.

(4)
يلوح أن قوة الطغم الإمبريالية المعاصرة يستحيل تدميرها سواء في بلدان الثالوث أم حتى على المستوى العالمي ("نهاية التاريخ"). ويشترك الرأي العام في قبول قِناعها الممثل في "ديمقراطية السوق"، مفضلاً إياها عن خصمها السابق- الاشتراكية- الذي ألصقت به أوصاف بغيضة مثل النظم الاستبدادية المجرمة والمتعصبة قوميًا والشمولية.
بيد أن هذا النظام غير قابل للاستدامة لعدة أسباب:
1) يجري تقديم الرأسمالية المعاصرة على أنها "منفتحة" على النقد والإصلاح باعتبارها مجددة ومرنة. وتزعم بعض الأصوات الراغبة في إنهاء انتهاكات رأس المال غير الخاضع للسيطرة، والسياسات التقشفية الدائمة المرتبطة به، ومن ثم "إنقاذ الرأسمالية". لكن هذه الدعاوى ستظل عبثية حيث تخدم الممارسات الحالية مصالح الطغم في الثالوث- وهي الوحيدة التي يحسب حسابها- بما يضمن الزيادة المتواصلة لثرواتها على الرغم من الركود الاقتصادي الذي يضرب تلك البلدان.
2) إن المنظومة الأوربية جزء لا يتجزأ من العولمة الإمبريالية. فقد صًممت بروح رجعية، موالية للإمبريالية ومعادية للاشتراكية، وهي أيضًا خاضعة للقيادة العسكرية الأمريكية. وتمارس ألمانيا هيمنتها داخل هذه المنظومة، خاصة في إطار منطقة اليورو، وعلى أوربا الشرقية التي تم إلحاقها على غرار إلحاق الولايات المتحدة لأمريكا اللاتينية. وتخدم "أوربا الألمانية" مصالح الطغمة الألمانية التي يتم التعبير عنها بغطرسة مثلما رأينا في الأزمة اليونانية. وليست أوربا هذه قابلة للاستدامة، وقد بدأ بالفعل تفجرها من الداخل.
3) يتناقض ركود النمو في بلدان الثالوث مع تسارع النمو في أقاليم بالجنوب امتلكت القدرة على الاستفادة من العولمة. وقد استخلص البعض بتسرع أن الرأسمالية حية وبحالة جيدة، حتى مع تحول مركز ثقلها من بلدان الغرب الأطلنطي إلى الجنوب، وآسيا تحديدًا. بينما العقبات الماثلة في الواقع الفعلي أمام حركة التعديل التاريخية هذه من المرجح أن تصبح عنيفة بشكل متصاعد، بما في ذلك اللجوء للعدوان العسكري. إذ لا تنوي القوى الإمبريالية السماح لأي بلد في الأطراف- كبيرًا كان أم صغيرًا- أن يحرر نفسه من السيطرة.
4) ومما يعزز أيضًا أسباب عدم قابلية هذا النظام للاستدامة ذلك الدمار البيئي المرتبط بالضرورة بالتوسع الرأسمالي.
إننا نمر الآن بمرحلة "خريف الرأسمالية" ولكن دون أن يدعمها "ربيع شعبي" ومنظور اشتراكي. لذا فإمكانية إدخال إصلاحات تقدمية ملموسة على الرأسمالية في المرحلة الراهنة هي محض وهم. ولا مناص من بديل مدعوم بتجديد اليسار الراديكالي الدولي، القادر على إنجاز مبادرات اشتراكية وليس تصورها فقط. فقد بات من الضروري إنهاء الرأسمالية التي تمزقها الأزمات، وليس إنهاء أزمة الرأسمالية.
بناءً على الفرضية الأولى لن يؤثر شيء حاسم على التحاق شعوب الثالوث بالخيار الإمبريالي، خاصة في أوربا. إذ سيظل ضحايا النظام غير قادرين على تصور لطريق خروجهم  من مسارات "المشروع الأوربي" الذي يجب هدمه قبل أن يعاد بناؤه بنسخة أخرى. وتشهد بمدى وتعقيد هذا التحدي خبرات سيريزا وبوديموس وحركة فرنسا الأبية، وترددات حزب اليسار الألماني (دي لنكه) وغيره. ولا يصمد أمام التحليل ذلك الاتهام السطحي لمعارضي الاتحاد الأوربي بـ "النزعة القومية". فمن الواضح أن المشروع الأوربي يتجه بشكل متزايد لأن يكون مشروع القومية البرجوازية الألمانية. ولا بديل أمام أوربا، مثلما في أي مكان آخر، من بناء مشروعات وطنية، شعبية وديمقراطية (ليست برجوازية، بل معادية للبرجوازية عداءً حقيقيًا) تبدأ في فك الارتباط مع العولمة الإمبريالية. فمن الضروري هدم التركز المتطرف للثروة والسلطة المرتبط بهذا النظام.
انطلاقًا من هذه الفرضية، ستكون النتيجة الأكثر احتمالاً هي إعادة بناء القرن العشرين: أي تحقيق التقدم حصرًا في بعض أطراف النظام. بيد أن هذ الإنجازات التقدمية ستبقى هشة، كما حدث في الماضي، ولنفس السبب وهو الحرب الدائمة التي تشنها عليها مراكز القوة الرأسمالية. ويرجع مدى نجاح الأطراف في مبادراتها بدرجة كبيرة  إلى حدودها وانحرافاتها.
إن فرضية الأممية العمالية والشعبية تفتح الطريق أمامنا إزاء المزيد من التطورات الضرورية والمحتملة. فهناك مسار "انهيار الحضارة"، وفي هذه الحالة لن تكون التطورات من صنع أي عقل مدبر، وإنما سيحدد الوضع وقتها مساره المشتعل. بيد أنه في عصرنا، ونظرًا لفداحة التدمير البيئي والحربي ونزوع الأقوياء إلى اللجوء لهذا التدمير، سيتحقق الخطر الداهم الذي حذر منه ماركس في عصره، ألا وهو الخطر الواقعي جدًا بأن ينتهي الاقتتال بتدمير كل المعسكرات التي تحارب بعضها. أما المسار الآخر فهو على النقيض ويتطلب جهدًا واضحًا ومنظمًا من الجبهة الدولية للعمال والشعوب.

(5)
إن بناء أممية العمال والشعوب يجب أن يكون الهدف الأساسي للمناضلين الحقيقيين المدركين للطبيعة البغيضة للنظام الرأسمالي الإمبريالي العالمي الذي نواجهه اليوم. وإنها لمسئولية ثقيلة، ومهمة ستستغرق سنوات قبل أن تعطي نتائج ملموسة. وأطرح من جانبي المقترحات التالية:
1) يجب أن يكون الهدف إنشاء منظمة (الأممية الجديدة) وليس مجرد "حركة". وهو ما يعني تجاوز مفهوم منتدى الحوار. كما يعني تحليل جوانب القصور في الفكرة التي مازالت سائدة عن الطابع الأفقي "للحركات" والنفور مما تسمى التنظيمات الهرمية بدعوى أنه بطبيعتها منافية للديمقراطية: وذلك لأن التنظيم في الحقيقة هو نتاج الفعل، وهو بدوره يفرز "القادة". كما أن من الممكن للأخيرين أن يطمحوا في السيطرة على الحركات وحتى التلاعب بها. ولكن من الممكن أيضًا تلافي هذا الخطر بوضح اللوائح التنظيمية المناسبة. وهي مسألة تتطلب مزيدًا من النقاش.
2) يجب أن تُدْرَس بعناية خبرة الأمميات العمالية، حتى المنتمية منها للماضي. ولا ينبغي القيام بهذا من أجل "اختيار" نموذج من بينها، وإنما لابتكار الشكل الأكثر ملاءمة للشروط المعاصرة.
3) يجب توجيه هذه الدعوة إلى عدد معقول من الأحزاب والمنظمات المناضلة. وينبغي البدء بتكوين لجنة تضطلع بالدفعة الأولى للمشروع.
4) لا أرغب في إثقال هذا النص بمواد كثيرة. لكنني أرفق به بعض النصوص المكملة (بالإنجليزية والفرنسية):
أ- نص تأسيسي عن وحدة وتنوع الحركات المتوجهة نحو الاشتراكية في التاريخ الحديث.
ب- نص عن الانفجار الداخلي للمشروع الأوربي.
ج- بعض النصوص عن: الجرأة المطلوبة لتجديد اليسار الراديكالي، قراءة ماركس، درس أكتوبر 1917 والماوية، التجديد الضروري للمشروعات الوطنية الشعبية.

Samir Amin; Towards the Internationale of peoples



It is imperative to reconstruct the Internationale of workers and peoples
By Samir Amin

                                                                       1
For the last thirty years the world system has undergone an extreme centralization of power in all its dimensions, local and international, economic and military, social and cultural.

Some thousand giant corporations and some hundreds of financial institutions that have formed cartels among themselves, have reduced national and globalized production systems to the status of sub-contractors.  In this way the financial oligarchies appropriate a growing share of the profits from labour and from companies that have been transformed into rent producers for their exclusive benefit.

Having domesticated the main right-wing and left-wing parties the unions and the organizations of the so-called civil society, these oligarchies now also exercise absolute political power as well as the media that is subordinated to them, creating the necessary disinformation to depoliticize public opinion.   The oligarchies have annihilated the traditional practice of multi-partyism, replacing it to almost to a one-party system, controlled by capital.   Representative democracy having lost all its meaning, has lost its legitimacy.  

This late contemporary capitalism, which is a completely closed system, corresponds to the criteria of ‘totalitarianism’, although care is taken not to name it as such.    The totalitarianism is still ‘soft’ but it is always ready to resort to extreme violence as soon as the victims – the majority of workers and peoples – begin to revolt.  All changes that are part of this so-called ‘modernization’ must be seen in light of the foregoing analysis.   This is thus the case of major ecological challenges (especially climate change) that capitalism is incapable of resolving (the Paris agreement of December 2016 was only a smokescreen), as well as scientific progress and technological innovations (including IT), which are rigorously subjected to the requirements of the financial profit that they can make for the monopolies.   The glorification of competitiveness and the freedom of the market that the subservient media present  as guarantees of the freedom and efficiency of civil society are indeed the antithesis of the reality, which is riven by violent conflicts between fractions of the existing oligarchies and is the cause for the destructive effects of their governance.


                                                                       2

At the world level, contemporary capitalism always follows the same imperialist logic that was typical as it became globalized from the start (the colonization of the 19th century was clearly a form of globalization).   Contemporary ‘globalization’ does not escape this logic:  it is nothing else but a new form of imperialist globalization.   This term ‘globalization’, so often used without any definition, hides an important fact:  the deployment of systematic strategies that have been developed by the historical imperialist powers (United States, Western and Central European countries, Japan, which I shall call ‘the Triad’) that continue to pillage the resources of the Global South and the super-exploitation of its labour that is associated with delocalization and subcontracting.   These powers intend to maintain their ‘historical privilege’ and to prevent all the other nations from extricating themselves from the status of dominated peripheries.  The history of the last century was in fact that of the revolt of the peoples of the peripheries of the world system who were engaged in a socialist de-linking or in attenuated forms of national liberation, whose page has, for the moment, been turned.  The re-colonization now under way, which has no legitimacy, is therefore fragile.

For this reason the historical imperialist powers of the Triad have set up a system of collective military control over the planet, directed by the United States.   Membership of NATO, which is inextricably linked to the construction of Europe, as also the militarization of Japan, reflects the requirement of this new collective imperialism which has taken over the national imperialisms (of the United States, Great Britain, Japan, Germany, France and a few others) which were formerly in permanent and violent conflict.

In these conditions, constructing an international front of workers and the peoples of the whole world has to be the main objective of the struggle to meet the challenge of counteracting the spreading of contemporary imperialist capitalism.





                                                                       3

Confronted by this tremendous challenge, the inadequacy of the struggles being carried out by the victims of the system is all too apparent.   Their weaknesses are of different kinds which I would classify under the following headings:
i) the extreme fragmentation of the struggles, whether at the local or world level, which are always specific and conducted in particular places and subject-matters (ecology, women’s rights, social services, community demands, etc.)   The rare campaigns conducted at the national or even world level have not had any significant success in that they have not forced any changes of the policies being carried out by those in power.  Many of these struggles have been absorbed by the system and foster the illusion that it is possible to reform it.

Nevertheless, there has been an enormous acceleration in the process of generalized proletarianization.  Almost all the populations in the central capitalist countries are now subjected to the status of waged workers selling their labour.  The industrialization of regions in the Global South has created worker proletariats and salaried middle classes while their peasantries are now fully integrated into the market system.   But the political strategies employed by the powerful have succeeded in fragmenting this gigantic proletariat into diverse fractions that are often in conflict with each other.  This contradiction must be overcome.

ii) The peoples of the Triad (USA, Western and Central Europe, Japan)  have renounced international anti-imperialist solidarity, which has been replaced at best by ‘humanitarian’ campaigns and ‘aid’ programmes that are controlled by the capital of the monopolies.   The European political forces that inherited left-wing traditions thus now support the imperialist vision of existing globalization.

iii) A new right-wing ideology has gained support among the people.
In the North, the central theme of anti-capitalist class struggle has been abandoned, or reduced to a greatly incomplete expression – for the benefit of a so-called new definition of the left-wing ‘partner culture’ or communitarianism, separating the defence of specific rights from the general fight against capitalism.
In certain countries of the South, the tradition of struggles that associated the anti-imperialist struggle with social progress has given way to reactionary backward-looking illusions expressed by religions or pseudo ethics.  In other countries of the South, the successful acceleration of economic growth over the last decades feeds the illusion that it is possible to construct a ‘developed’ national capitalism capable of imposing its active participation in shaping globalization.

                                                                       4

The power of the oligarchies of contemporary imperialism seems to be indestructible, in the countries of the Triad and even at the world level (“the end of history”!).  Public opinion subscribes to its disguise as ‘market democracy’, preferring it to its past adversary – socialism – which is invariably embellished by such odious sobriquets as criminal, nationalist or totalitarian autocracies.

However this system is not viable for many reasons:
i)Contemporary capitalism is presented as being ‘open’ to criticism and reform, as innovative and flexible.  Some voices claim to put an end to the abuses of its uncontrolled finance and the permanent austerity policies that accompany it – and thus ‘save capitalism’.  But such calls will remain in vain as present practices serve the interests of the oligarchs of the Triad – the only ones that count – as they guarantee the continual increase of wealth in spite of the economic stagnation that besets their countries.

ii)The European sub-system is an integral part of imperial globalization.  It was conceived in a reactionary spirit, that was anti-socialist and pro-imperialist, subordinate to the military command of the United States.   Within it, Germany exercises its hegemony, particularly in the framework of the euro zone and over Eastern Europe which has been annexed just as Latin America has been annexed by the United States. ‘German Europe’ serves the nationalist interests of the German oligarchy, which are expressed with arrogance, as we saw in the Greek crisis.  This Europe is not viable and its implosion has already started.

iii)The stagnation of growth in the countries of the Triad contrasts with the acceleration in growth of regions in the South which have been able to profit from globalization.   It has been concluded too hastily that capitalism is alive and well, even if its centre of gravity is moving from the old countries of Atlantic West to the South, particularly Asia.  In actual fact the obstacles to pursuing this historical corrective movement are likely to become increasingly violent, including military aggression.   The imperial powers do not intend to allow any country of the periphery – great or small – to free themselves from domination.

iv)The ecological devastation that is necessarily associated with capitalist expansion is reinforcing the reasons why this system is not viable.

We are now in the phase of the ‘autumn of capitalism’ without this being strengthened by the emergence of ‘the people’s spring’ and a socialist perspective.  The possibility of substantial progressive reforms of capitalism in its current stage is only an illusion.  There is no alternative other than that enabled by a renewal of the international radical left, capable of carrying out – and not just imagining – socialist advances.   It is necessary to end crisis-ridden capitalism rather than try to end the crisis of capitalism.

Based on a first hypothesis, nothing decisive will affect the attachment of the peoples of the Triad to their imperialist option, especially in Europe.  The victims of the system will remain incapable of conceiving their way out of the paths that have been traced by the ‘European project’ which has to be deconstructed before it can then be reconstructed with another vision.   The experiences of Syriza, Podemos and France Insoumise , the hesitations of Die Linke and others testify to the extent and complexity of the challenge.   The facile accusation of ‘nationalism’ of those critical of Europe does not hold water.  The European project is increasingly visible as being that of the bourgeois nationalism of Germany.   There is no alternative in Europe, as elsewhere, to the setting up of national, popular and democratic projects (not bourgeois, indeed anti-bourgeois) that will begin the delinking from imperialist globalization.  It is necessary to deconstruct the extreme centralization of wealth and the power that is associated with the system.                                                                                                                                                                

According to this hypothesis, the most probable outcome will be a remake of the 20th century:  advances made exclusively in some of the peripheries of the system.   But these advances will remain fragile, as have those of the past, and for the same reason – the permanent warfare waged against them by the imperialist power centres, the success of which is greatly due to their own limits and deviations.  

Whereas the hypothesis of a worker and people’s internationalism opens up the way to further evolutions that are necessary and possible.

The first of these ways is that of the ‘decadence of civilization’.   In that case, these evolutions are not to be masterminded by anyone, their trail must be blazed only by the needs created by the situation.  However, in our epoch, given the power of ecological and military destruction and the disposition of the powerful to use it, the risk, denounced by Marx in his time, that there is a very real risk that the fighting will destroy all the camps that oppose each other.   The second path, by contrast, will require the lucid and organized intervention of the international front of the workers and the peoples.

                                                                       5

Creating a new Internationale of workers and peoples must be the main objective for the genuine militants who are convinced of the odious nature of the world imperialist capitalist system that we have at present.   It is a heavy responsibility and the task requires several years before giving any tangible results.   As for myself, I put forward the following proposals:
i)The aim should be to establish an Organization (the new Internationale) and not just a ‘movement’.   This involves moving beyond the concept of a discussion forum.  It also involves analysing the inadequacies  of the notion, still prevalent, that the ‘movements’ claim to be horizontal and are hostile to so-called vertical organizations on the pretext that the latter are by their very nature anti-democratic:   that the organization is, in fact, the result of action which by itself generates ‘leaders’.   The latter can aspire to dominate, even manipulate the movements.  But it is also possible to avoid this danger through appropriate statutes.   This should be discussed.
ii)The experience of the worker Internationales should be seriously studied, even if they belong to the past.   This should be done, not in order to ‘choose’ a model among them, but to invent the most suitable form for contemporary conditions.
iii) Such an invitation should be addressed to a good number of combative parties and organizations.  A committee should first be set up to get the project started.
iv) I don’t want to make this text any heavier.   However, I attach some complementary texts
(in English and in French):
a)      a fundamental text on the unity and diversity of movements towards socialism in modern history;
b)      a text on the implosion of the European project;
c)      some texts on:  the audacity required for renewing the radical left; reading Marx; the new agrarian question; the lesson of October 1917 and of Maoism; the necessary renewal of national, popular projects.